Fondements

Activité 6. Enrichir votre théorie personnelle de l’apprentissage des adultes

 

Comme vous avez pu le constater en lisant le texte de Knowles, ce chercheur n’est pas l’inventeur du mot « andragogie ». La première apparition connue dans les écrits éducatifs occidentaux de ce mot figure dans le titre d’un ouvrage publié en Allemagne en 1833 par un professeur de grammaire, Alexander Kapp. Kapp a élaboré ses idées sur « L’andragogie ou l’éducation à l’âge adulte » en s’appuyant sur les idées éducatives du philosophe grec Platon, lui-même l’élève de Socrate.
En Occident, la réflexion sur les moyens et les visées de l’éducation des adultes a précédé celle sur les moyens et les visées de l’éducation des enfants (Tardif, 2013). C’est la Grèce antique, berceau de la démocratie occidentale, qui a été le théâtre des changements importants dans la façon de concevoir l’éducation, car celle-ci y a été liée à la réflexion éthique et politique sur la société.

La lecture de ces deux extraits du chapitre de Maurice Tardif vous permettra de mieux connaître les racines philosophiques de l’andragogie.

Tardif, M. (2013a). Socrate éducateur. Extrait du chapitre « L’éducation dans la Grèce antique ». Dans Gauthier, C. et Tardif, M. (dir). La pédagogie. Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours (p.16-18 ). Montréal, Québec, Canada : Chenelière Éducation.
Tardif, M. (2013b). Platon et la philosophie comme éducation. Extrait du chapitre « L’éducation dans la Grèce antique ». Dans Gauthier, C. et Tardif, M. (dir). La pédagogie. Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours (p.18-21). Montréal, Québec, Canada : Chenelière Éducation.

Malcolm Knowles n’est pas non plus le premier penseur nord-américain à utiliser le terme « andragogie » dans ses écrits. Ce mérite revient à Eduard Lindeman qui l’avait employé en 1926 dans son livre « The meaning of adult education » et dans un article intitulé « Andragogik : the method of teaching adults » dans la revue « Workers Education ». L’oeuvre de Lindeman a tracé les bases philosophiques du champ de l’éducation des adultes en tant que pratique sociale. Il a aussi été parmi les premiers (avec son collègue, le philosophe et l’éducateur John Dewey) à mettre au centre de la réflexion sur l’action éducative les idées de l’expérience, de situation de vie et des besoins de l’apprenant. La pensée philosophique de Lindeman et de Dewey a considérablement influencé la théorie andragogique de Knowles. Voici comment Knowles a présenté dans son livre les apports de Lindeman :

Les hypothèses novatrices de Lindeman. Extrait de Knowles, M. (1973/1990). L’apprenant adulte. Vers un nouvel art de la formation (F. Paban, trad.) (p. 45). Paris, France : Les Éditions d’Organisation.

La théorie psychologique de Carl Rogers, psychologue américain renommé pour son approche de la thérapie non directive, a joué un rôle important dans la théorie andragogique en ce qui concerne la conceptualisation de la relation éducative.

Pour approfondir vos connaissances des racines psychologiques de l’andragogie et comprendre l’influence de la pensée de Rogers sur la psychologie et la pédagogie humaniste, je vous propose la lecture de ce chapitre :

Simard, D. (2012). Carl Rogers et la pédagogie ouverte. Dans Gauthier, C. et Tardif, M. (dir). La pédagogie. Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours (p. 156-172). Montréal, Québec, Canada : Chenelière Éducation.

Le concept de l’autonomie est au coeur de la théorie andragogique de Knowles. Il a été une source d’inspiration importante pour la recherche sur l’autoformation constituant le second « pilier de l’éducation des adultes » en Amérique du Nord (Merriam, 2001)1. La recherche sur l’autoformation est aussi foisonnante dans la communauté francophone. Ensemble, les recherches francophones et anglophone forment une véritable « galaxie » de concepts et de courants théoriques (Carré, 1997)2.

Ce texte présente un survol des écrits fondateurs en éducation des adultes, anglophones et francophones, centrés sur le concept d’autonomie dans ses relations avec l’autoformation.

Eneau, J. et Tremblay, N. (2006). Sujet(s), société(s) et autoformation. Regards croisés du Québec et de France. Éducation permanente, 168, 75-88.

Comment est perçue la théorie andragogique de Knowles aujourd’hui ? Quel est son rôle dans le champ de l’éducation des adultes ? S’agit-il d’une théorie de l’apprentissage, d’une méthode de l’enseignement ou d’un ensemble de principes philosophiques ? Vous trouverez des éléments de réponse à ces questions dans les textes ci-dessous :

Pudelko, B. (2017). L’andragogie aujourd’hui. Montréal, Québec : TÉLUQ.
Tho,H.V. (2006). Knowles et le mouvement de l’andragogie. Extrait de H.V. Tho De la transformation de soi. L’éducation des adultes au défi des histoires de vie (p.25-31). Paris, France : L’Harmattan.

Les lectures réalisées dans les activités de ce module, ont-elles permis d’enrichir, de modifier ou de remettre en question votre théorie personnelle de l’apprentissage des adultes ? La réalisation du volet B de votre deuxième travail noté vous donnera l’occasion de revenir sur les idées que vous avez élaborées dans votre travail noté 1 et de poursuivre votre réflexion sur l’apprentissage des adultes.

Ces ressources optionnelles vous permettront d’approfondir vos connaissances sur la philosophie et la psychologie humaniste et les relations de cette dernière avec la théorie béhavioriste de l’apprentissage.

Extraits – Rogers, C. (1972/1999). Liberté pour apprendre. Paris; Dunod. Récupéré sur le site du CRÉA (Cercle de réflexion pour l’éducation authentique) www.education-authentique.org
Robineault, P.G. (1984). Les approches béhavioriste ou humaniste dans l’apprentissage des adultes. Revue des sciences de l’éducation, 10(2), 217-232

1Merriam, S.B. (2001). Andragogy and self-directed learning: Pillars of adult learning theory. New Directions for Adult and Continuing Education, 89,3-13.
2Carré, P.(1997). L’autoformation: psychopédagogie, ingénierie et sociologie. París, France : Presses Universitaires de France.